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À Matignon pour l'opération « vérité sur les salaires » ! - Paris, 3 février 2024

Les communistes sont à l'œuvre depuis plusieurs mois pour remettre la question des salaires au cœur des débats. Elles·ils ont lancé la campagne de longue haleine « Stop à la hausse des prix ! Pétition pour l'augmentation des salaires et des pensions » - pétition que vous pouvez signez en cliquant ici.

En début d'année 2024, elles·ils ont accentué cette campagne en invitant les Français·es à envoyer leur feuille de paie, en initiant l'opération « Vérité sur les salaires ».

Le samedi 3 décembre, muni·es des pétitions et de milliers de fiches de salaires, les communistes se rassemblaient devant Matignon. Le conseiller régional et élu nogentais Loïc Pen était présent. Une délégation a été reçue par le cabinet du Premier ministre, composée notamment de Fabien Roussel, de salariés qui ont pu faire part de leurs conditions de vie, et de Léon Deffontaines, tête de liste aux Européennes 2024.

Les communistes réaffirment leur exigence d'une augmentation de 12 % des salaires et d'une indexation de tous les salaires et des pensions sur l'inflation.

 

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À Matignon pour l'opération « vérité sur les salaires » ! - Paris, 3 février 2024

le 05 février 2024

Prises de parole au rassemblement devant Matignon le 3 février

Faire de 2024 l’année du pouvoir d’achat

Lors de la présentation de ses vœux, lundi 15 janvier 2024, au siège du PCF, devant une assistance particulièrement fournie, Fabien Roussel a rappelé que les communistes se plaçaient clairement dans le camp de la paix.

Puis il caractérisa ainsi la situation française :

Franchement, ce gouvernement, c’est le grand retour de l’UMP, l’Union pour une minorité de privilégiés. Le président nous l’a vendu comme un vent de fraîcheur qui allait souffler sur la France, mais ça sent déjà le vieux, le renfermé et le rance !

La politique qu’ils entendent mener est vieille, elle sent la naphtaline : taper sur les services publics ; défendre le privé ; baisser les impôts des plus riches ; taxer les travailleurs, ne surtout pas augmenter les salaires ; et bien sûr libérer les grands groupes de toute entrave au capital, de toute réglementation, de toute imposition !

Mais ça fait des années que ça dure ! Ils sont incapables de se renouveler alors qu’il y a urgence à changer de logiciel pour relever le défi social et le défi climatique, pour accompagner l’allongement de la durée de la vie, pour anticiper les révolutions technologiques comme l’intelligence artificielle ! Et ce ne sont que quelques exemples...

Il y a tant de fractures à réparer dans notre pays. Tant de priorités. Comment peuvent-ils à ce point ignorer ce que les Françaises et les Français vivent au quotidien et ce dont ils ont besoin ?

Cette France-là, je la connais, je vais à sa rencontre : 33 déplacements en 18 mois, depuis septembre 2022. 23 rencontres publiques ou meetings, soit plus de 9 000 personnes rencontrées avec qui j’ai pu discuter des enjeux locaux comme nationaux. D’ici 2027, j’aurai parcouru les 101 départements français, de l’Hexagone et d’Outre-mer.

La désertification médicale, la défense des services publics, la vie chère, la défense des entreprises, la désindustrialisation, l’agriculture... tant de sujets qui nourrissent les échanges dans tout le pays.

Et par-dessus tout : une inquiétude nouvelle, unanimement partagée, celle de ne pas pouvoir s’en sortir, même en travaillant.

La réalité est là. Il n’y a jamais eu, dans notre pays, autant de salariés payés au Smic. Plus 600 000 rien que pour l’année dernière. Plus de 3 millions, dont une majorité de femmes.

En quelques années, la part des salariés du privé touchant le salaire minimum est même passée de 14,5 % en 2022, à 17,3 % en 2023. C’est la smicardisation de la France ! Près d’un actif sur cinq touche moins de 1 400 euros par mois !

C’est pourquoi nous avons lancé la semaine dernière une opération « vérité sur les salaires » avec une idée simple : montrer par des exemples concrets la réalité des salaires pour qu’enfin – enfin ! - ces messieurs de Bercy ou de l’Élysée se rendent compte du sort qu’ils réservent aux travailleurs de ce pays.

Depuis cette annonce, nous recevons des centaines de feuilles de paie. Les exemples sont édifiants. Ils restent plafonnés à des salaires avec souvent beaucoup d’ancienneté. En voici quelques exemples :

Conductrice de car scolaire. 48 km par jour pour se rendre au car. Commence à 5 h du matin 5 jours par semaine. Gagne à peine plus que le RSA parce qu’en temps partiel. Pas de prime d’activité car son mari agriculteur touche trop. Doit faire le plein d’essence pour aller travailler. 687,67 €.

Caissière à Monoprix, 35 ans d’ancienneté. 1 465,85 € avant imposition

Réceptionniste dans un hôtel parisien, 3 ans d’ancienneté, 7 années d’expérience. 1 482,07 €.

Salarié et embauché dans le textile depuis 1989. 34 ans d’ancienneté, une fille qui habite avec lui et l’aide souvent financièrement. 1 661 €.

Aide-soignante diplômée d’État, 1er poste, 1re expérience. 1 563 € mais sauvée par la prime SEGUR.

L’ancienneté, les compétences ne sont pas prises en considération.

C’est pourquoi nous voulons faire de cette année 2024 l’année du « pouvoir d’achat », en formulant le vœu qu’il soit réparé, en mettant la justice sociale et la justice fiscale au cœur de tous nos combats.

Ce combat que nous menons, avec tous les militants, les élus communistes que je salue, c’est un vrai projet de société et c’est un pacte que nous voulons passer avec les Français, avec la jeunesse, avec le monde du travail. Je salue les dirigeants de la Jeunesse communiste et de l’Union des étudiants communistes ici présents, car ils partagent ce combat et nous le mènerons ensemble pour dénoncer la précarité étudiante et dans la jeunesse qui les frappe.

La France du travail, la France de l’égalité que nous défendons, c’est celle qui fera reculer l’inflation et qui permettra à chacun de vivre de son travail ! C’est celle qui reprendra la main sur le pouvoir dans les entreprises en permettant aux salariés d’intervenir sur tous les choix, sur la production et sur la répartition des richesses, davantage en faveur du travail et moins en faveur du capital. C’est celle qui s’attaquera au scandale des prix de l’énergie alors que nous avons un atout maître dans notre pays, grâce aux milliards d’investissements réalisés dans le nucléaire, dans les barrages hydroélectriques comme dans l’éolien.

Oui, nous voulons diviser par trois les factures d’électricité des Français, des entreprises et des services publics avec une entreprise publique, souveraine, et émancipée du marché européen de l’énergie ! Nous ferons de l’énergie la grande bataille des élections européennes. Plus 70 % de hausse d’électricité en 10 ans, alors que nous avons tout sous la main pour produire, distribuer, l’électricité la moins carbonée d’Europe !

Oui, nous voulons faire de l’énergie le cœur de la reconquête du pouvoir d’achat mais aussi de la reconquête industrielle de notre pays.

Enfin, nous voulons une France du travail avec des salaires et des retraites dignes !

Cette campagne sur les salaires, nous la mènerons partout, à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les entreprises, dans la rue, à la porte de Matignon et jusqu’au Parlement européen !

Nous irons à Matignon le 3 février prochain pour porter ces centaines de milliers de pétitions contre la vie chère et toutes ces fiches de paie que nous recevons. Nous composerons une délégation avec les salariés qui le souhaitent et j’attends que Gabriel Attal puisse nous recevoir afin d’échanger avec lui sur les propositions que nous avons dans ce domaine. Les Français doivent pouvoir vivre heureux de leur travail.

D’autant que j’ai une bonne nouvelle ! Cet argent qui manque à nos salaires, à nos services publics, à nos collectivités locales, il n’a pas disparu. Il a été « transféré », privatisé, capté, que dis-je : capitalisé. La crise, tout le monde ne la ressent pas de la même manière. En 2023, les patrimoines cumulés des 500 plus grandes fortunes de France ont atteint un record de 1 170 milliards d’euros, soit 45 % du PIB. En 2017, quand Emmanuel Macron est arrivé à l’Élysée, il était de 570 milliards d’euros.

Il a doublé sous sa présidence.

De leur côté, dans la même période, les actionnaires des entreprises du CAC 40 ont vu leurs dividendes passer de 51 milliards en 2017 pour atteindre 97 milliards d’euros en 2023.

Nous voulons de la justice sociale, de la justice fiscale. Plus d’impôts pour le capital, moins pour le travail.

Ce ne sont pas des primes que les travailleurs demandent, ni la charité, c’est le respect. Le respect et l’égalité. Ce que nous demandons, c’est une rémunération digne du travail et des travailleurs tenant compte de l’ancienneté, des diplômes, de la dureté des métiers, de l’égalité salariale femmes-hommes... Je veux mettre l’égalité et le travail au cœur de nos combats car ce sont les ciments de notre cohésion sociale.

C’est par le travail et par sa juste reconnaissance que nous pourrons permettre à nos concitoyens de se projeter à nouveau dans l’avenir et que nous redonnerons à la France une ambition et un destin collectifs. Oui, c’est un projet de société, et ce combat, nous ne le mènerons pas seuls.

Avec vous, avec le monde du travail, avec les forces vives de la nation, politiques, syndicales, associatives, avec nos partenaires de gauche, avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, nous travaillerons à concrétiser cette reprise en main de notre avenir commun.

Au fond, mes amis, à travers tous les enjeux que je viens d’évoquer, ce qui va se jouer n’est autre que la reconstruction d’une perspective politique, porteuse d’espoir pour notre peuple et de confiance retrouvée pour le monde du travail.

C’est avec tous les Français que nous voulons, demain, construire un nouveau front populaire et porter au pouvoir une politique de progrès, de justice, de démocratie et de paix.

Alors, si vous en êtes d’accord, pour conclure ce propos, formons ensemble le vœu d’une France réconciliée avec elle-même, une France heureuse et fière de ses richesses, confiante en son avenir. Une France à nouveau prête à séduire le monde et à l’entraîner dans la sarabande joyeuse des jours heureux.

 

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« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)