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20160114-L'Huma-France-Jean-Pierre Bosino : « Si on vient les chercher, je serai là pour l'empêcher »

20160114-L'Huma-France-Jean-Pierre Bosino : « Si on vient les chercher, je serai là pour l'empêcher »

Je suis dans une rage folle. Nous sommes en plein dans la criminalisation de l’action syndicale. Les deux cadres avaient retiré leur plainte, la direction aussi et, malgré tout, le parquet, donc l’État, a continué les poursuites jusqu’à condamner des salariés à de la prison ferme. Que vont-ils faire pour ceux d’Air France ? Rétablir la peine de mort ? En décembre, j’avais posé une question d’actualité à Myriam El Khomri, la ministre du Travail, sur la situation des salariés d’Air France. Je lui disais ma franche impression que, dans ce pays, les patrons étaient davantage écoutés que les salariés. Elle m’avait répondu complètement à côté, mais il s’agit en fait d’une cohérence d’ensemble. Les attaques contre le Code du travail, la criminalisation de l’action syndicale, l’état d’urgence sont les symptômes d’un climat insupportable. Dans l’Oise, nous avons connu la perte de centaines d’emplois avec Continental. Ce qui se passe aujourd’hui n’aurait jamais dû arriver. À Montataire, la ville où je suis maire, deux entreprises dont les patrons sont des délinquants en col blanc sont devant les tribunaux. Or, on ne leur inflige pas le même traitement. Et ces entreprises ont licencié plus de 600 salariés. Dans l’usine Chausson où j’ai travaillé, des actions assez dures ont été menées au début des années 1990 pour défendre les emplois. Il n’y a pas un seul syndicaliste de chez Chausson qui s’est retrouvé en prison. De la même façon pour Goodyear, j’estime que dès que la direction a retiré sa plainte, il n’y avait plus matière à poursuivre. La CGT dit qu’elle ne laissera pas ses militants être mis en prison. Je dis la même chose. Si on vient les chercher pour les jeter en prison, je serai devant pour l’empêcher.

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Jean-Pierre Bosino : « Réforme du Code du travail : avec vous, Pierre Gattaz jubile » - 10 décembre 2015

Ma question s’adresse à Mme la ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social.
 
Le monde du travail a vraiment le sentiment depuis quelque temps de ne plus être entendu ni reconnu, et cela s’est traduit dimanche par une forte abstention, entre autres.
 
Le patronat, le MEDEF en tête, comme le Gouvernement ne manquent pas une occasion de vanter les mérites du dialogue social, mais, en réalité, c’est à un monologue social que nous assistons. Les patrons imposent leurs volontés ! Lorsque le gouvernement auquel vous appartenez annonce un nouveau code du travail d’ici à 2018, Pierre Gattaz jubile parce que lui veut le liquider !
 
De toutes parts montent des attaques violentes contre le code du travail. On lui reproche à la fois d’empêcher les entreprises d’embaucher et de licencier. Mais s’attaquer au code du travail, c’est s’en prendre aux salariés et à ceux qui les défendent.
 
Le monologue social, on l’a vu à l’œuvre chez Air France : ce sont les salariés qui ont fait de la compagnie ce qu’elle est, mais ils apprennent par les médias la suppression de 3 000 emplois. Quelle violence !
 
Lorsque tout ne se passe pas comme l’entend le patron, ce dernier n’hésite pas à s’attaquer aux agents de l’État.
 
Ainsi, une inspectrice du travail qui a remis en cause la légalité d’un accord sur les trente-cinq heures chez Tefal est menacée de changer de secteur, le tout avec l’appui de sa hiérarchie.
 
Une inspectrice du travail, un informaticien de Tefal et cinq salariés d’Air France ont désormais un point commun : ils ont été renvoyés devant la justice. Leurs crimes ? Simplement défendre les droits des salariés. La liste des salariés traînés en justice pour leurs actions risque de s’allonger parce que des salariés en lutte pour leur emploi, il y en a et il y en aura ! Je pense aux 200 emplois qui sont menacés chez Sidel du groupe Tetra Pack en Seine-Maritime, comme m’en a informé mon ami Thierry Foucault. Je pense également à Sanofi où les nuages noirs s’amoncellent.
 
Madame la ministre, dans ce contexte de violence sociale et de criminalisation de l’action des salariés, allez-vous abandonner le dynamitage du code du travail que vous vous apprêtez à mettre en œuvre ?
 
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)