Fédération de l'Oise

Fédération de l'Oise
Accueil
 
 
 
 

Hommage à Charles Motyka - Méru, 9 janvier 2015

Nous reproduisons ici le discours prononcé par la secrétaire départemental du PCF Oise à l'occasion des obsèques de notre camarade Charles Motyka le vendredi 9 janvier 2015 à Méru.

 

Je suis, nous sommes doublement émus, aujourd’hui, en accompagnant notre ami, notre camarade, notre frère Charles Motyka.

Car quelques heures après avoir appris sa mort, nous avons été bouleversés par l’annonce terrible de ce carnage au journal Charlie Hebdo, avec l’assassinat d’autres amis, d’autres frères, Wolinski, Charb, Tignous qui avaient illustré de leur talent tant de fois les colonnes du journal l’Humanité, le journal de Jean Jaurès, lui aussi assassiné pour ses idées, ce journal auquel Charles était tellement attaché et qu’il a diffusé tant de fois tout au long de sa vie. 

Et j’ai repensé hier à ce souvenir de Charles, lors d’une réunion du Parti, ici à Méru, il y a 2 ans, où j’étais venu avec un paquet d’Huma-Dimanche que j’avais déposé sur un coin de table. A la fin de la réunion, alors que chacun continuait de discuter autour du verre de l’amitié, Charles qui se déplaçait pourtant difficilement, avec sa béquille, était venu chercher un à un les exemplaires de l’Huma et les avait placés, tous, un à un, auprès des amis et camarades présents. Charles - et j’y associe indissociablement Lili - c’était cela : ce militant communiste, profondément communiste dans ce que ce mot peut porter de meilleur, de sens du partage, de luttes communes pour une société plus juste et plus humaine, ce militant simple et modeste mais battant, qui diffusait l’Humanité jusqu’à la limite de ses forces, gardant intact jusqu’à son dernier souffle, la flamme des idéaux de sa jeunesse.

Et s’il était encore parmi nous, il aurait été, sinon physiquement mais de tout cœur, avec ces centaines de milliers de femmes et d’hommes descendus hier soir, dans la rue, à tous les coins du pays, pour dire leur horreur, leur refus de la haine, de l’intolérance, leur attachement aux valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité.

Charles et Charlie se mêlent dans nos esprits.

J’ai pensé beaucoup à Charles depuis hier, lui, dont la jeunesse avait été marquée par cette tragédie indicible, cette douleur inimaginable, de perdre toute sa famille, dans les camps de la mort nazis, exterminée par d’autres barbares, par une même idéologie de haine, de violence et de mort.

On ne peut imaginer ce que fut alors la souffrance du jeune Charles qui se rendait en 1945 chaque jour, à l’Hôtel Lutetia, pendant des mois, au fur et à mesure du retour des rares rescapés, en s’accrochant à l’espoir de retrouver au moins un parent.

Ce qui lui a permis alors de tenir, puis de continuer à vivre malgré tout, ce fut son engagement communiste, cette participation à ce grand mouvement collectif pour la libération humaine, contre toutes les oppressions.

Adhérent au Parti communiste dès 16 ans, résistant, il s’engage dans les FFI, il est ensuite de tous les combats du Parti communiste pour la reconstruction et la renaissance de la France, avec la mise en œuvre du programme du CNR que certains voudraient jeter aujourd’hui aux oubliettes.

Les hasards de l’histoire font qu’aujourd’hui un hommage national est rendu à Paris, à Robert Chambeyron, dernier survivant du CNR, compagnon de route du PCF qui sera enterré ensuite près du Mur des Fédérés, au Père Lachaise, dans ce Paris populaire et rebelle où Charles était né et avait vécu, travaillé et milité.

Charles - et j’y associe encore une fois Lili - était un résistant et, dans ces moments si difficiles que nous traversons, son exemple doit nous inspirer, nous aider à relever la tête, à reprendre confiance en nous, en nos forces, à faire triompher enfin « l’humain d’abord » comme nous le proclamons.

Dans toutes nos luttes à poursuivre plus que jamais, je garderai comme tous ceux qui l’ont rencontré, dans un petit coin de ma tête, la figure de Charles, son sourire, son humanité, son « invincible espérance » comme disait Jean Jaurès.

Et je voudrai lire ces quelques vers de Paul Eluard, extraits du poème « la mort, l’amour, la vie », ces quelques vers qui correspondent bien à ce que fut l’idéal de vie de Charles :

 

« Les hommes sont faits pour s’entendre

Pour se comprendre pour s’aimer

Ont des enfants qui deviendront pères des hommes

Ont des enfants sans feu ni lieu

Qui réinventeront les hommes

Et la nature et leur patrie

Celle de tous les hommes 

Celle de tous les temps. »

 

Merci Charles !

 

Il y a actuellement 0 réactions

  • Remerciements

    Voila que nous arrivons au 1 an deja du deces de mon grand pere. Je tenais a vous remercier de cet honneur et de ce magnifique hommage que vous lui avez accorder. Merci a mr AURY pour son devouement et sa sympathie et surtout de sa presence dans ce moment eprouvant. Et merci au PCF d avoir nourri les ideologies de mon papi sans quoi je ne serais peut etre pas la pour en parler. C etait un homme extraordinaire qui me manque chaque jour.

    Chaleureusement

    JENNIFER MOTYKA EPOUSE RIOU

    Par JENNIFERRIOU, le 04 janvier 2016 à 21:11.

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 

Hommage à Charles Motyka - Méru, 9 janvier 2015

Par Thierry Aury, le 09 janvier 2015

A voir aussi



 
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)