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Cérémonie d'hommage à Gilles Masure, intervention d'Alain Blanchard - Crépy-en-Valois, 7 mars 2014

Le vendredi 7 mars 2014 à 10 heures à la salle des Fêtes de Crépy-en-Valois, de nombreuses personnes se sont réunies pour rendre hommage à notre ami et camarade Gilles Masure, décédé suite à une longue maladie.
 
Parmi les interventions, celle d'Alain Blanchard, le vice-président PCF du Conseil général de l'Oise. 
 
Texte de l'hommage d'Alain Blanchard à Gilles Masure
 

Chère Hélène

Cher Frédéric, cher Benjamin

Mesdames messieurs les membres de la famille,

Monsieur le maire

Monsieur le sénateur président du conseil général,

Mesdames messieurs les élus

Mesdames messieurs,

 

Parler de Gilles au moment de sa disparition, c'est dire d'abord notre chagrin, notre peine.

Bien sur en premier je pense à celle des siens, Hélène et ses enfants, sa famille, ses proches, mais aussi ses amis et camarades, ses collègues élus.

Mais moi à qui on a demandé d'évoquer l'élu, je voudrais dire l'émotion qui, me semble-t-il, a touché la population de ce territoire du Valois, de ce canton de Crépy-en-Valois, de cette ville du sud de notre département.

Les articles de presse en témoignent, les gens en parlent, les élus l'évoquent, tout cela porte les liens que Gilles avaient su tisser avec les salariés, les acteurs de la vie locale, les habitants et traduit la popularité de cet homme engagé, reconnu, bien au-delà des convictions partagées.

Depuis bientôt 40 ans qu'il habitait cette ville à laquelle il était attaché, qu'il sillonnait ce territoire, se rendait disponible, le nom de Gilles Masure et souvent de Gilles simplement était connu et synonyme d'une grande humanité.

En s'engageant dans la vie politique et publique, dans celle de notre République, parmi ses élus, il a su gagner la confiance de nombre d'hommes et de femmes, son dévouement comme sa combativité y étaient pour beaucoup.

Conseiller municipal, conseiller général, conseiller régional il était apprécié pour sa culture, ses convictions et sa grande humilité, mais aussi pour sa franchise, ses grandes capacités de lutte pour la justice sociale et la démocratie, sa volonté inlassable de rassembler et d'agir.

Avec courage et volonté, esprit de rassemblement et d'ouverture il a mené bien des combats au cœur des échéances électorales, volontaire pour les Législatives, les Européennes, les élections locales, candidat communiste et élu aux Municipales, aux Cantonales et Régionales, parfois défait mais souvent vainqueur et toujours fidèle à ses convictions et ses idées, prêt au débat et à de nouvelles étapes.

Quel plaisir avons nous partagé lorsqu'il a de nouveau emporté le canton perdu en 1991 et retrouvé en 1998. Gilles avait cependant toujours le respect de ses adversaires, rarement il élevait la voix, choisissant toujours le débat d'idée, jamais l'agressivité.

En 2004 la majorité du conseil général de l'Oise bascule, il fut un des artisans actifs de cette victoire et se consacra sans faiblir au travail de la majorité nouvelle.

Président du groupe des élus communistes, engagé dans les commissions de l'action sociale et celle de la culture, là encore il était solidaire mais aussi exigeant, soucieux de la pratique démocratique, de la consultation des Isariens, portant au cœur de l'assemblée départementale, les attentes et besoins des habitants, relayant les luttes sociales.

Dans cette majorité, sa parole sage et exigeante, engagée pour le progrès humain et sans concession, était attendue, écoutée, il savait dire avec finesse ce qui allait et ce qui n'allait pas, dire qu'il fallait aller plus loin, plus à gauche, plus en avant et nous, les élus communistes du département, nous étions fiers de notre président.

Président du Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) il était là aussi apprécié pour ces moments de partage dans le domaine de l'architecture, pour les voyages, les découvertes de pays et de cultures pour échanger en matière d'urbanisme et de développement.

Le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, sa préparation fut pour Gilles un moment intense ou son concours fut précieux. Nous pouvions alors profiter de ses grandes connaissances philosophiques, de son attachement à la Révolution française et à la philosophie des Lumières.

Afin de dépasser une approche de Rousseau trop réduite à l'homme nature, il nous fit connaître cette pensée de Jean-Jacques issue du « Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes » et qu'il aimait à nous rappeler :

 

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne. »

Car le professeur Masure était un homme de dialogue, un militant qui savait transmettre et partager, un défenseur vigilant et efficace de la laïcité et de l'école de la République.

Pour lui, célébrer Rousseau c'était aussi donner du sens à la Révolution française, à Rousseau penseur de la démocratie moderne et des fondements de l'égalité sociale.

C'est aussi pour cela qu'il aimait le parc d' Ermenonville et fut un farouche défenseur de ce lieu et de sa promotion.

Mais il n'est pas possible d'évoquer Gilles sans aborder l'intellectuel élu au service des travailleurs. De Poclain à Sodimatex, il était un ardent défenseur du respect de la dignité des salariés, un infatigable artisan de la lutte des classes que son engagement marxiste lui avait fait épouser.

Au-delà il anima aussi les luttes des locataires, accompagna celles des usagers des transports, fut du combat pour les droits du peuple palestinien, de celui pour la paix, du combat pour l'éducation à celui pour la santé. Et il faudrait encore parler longtemps de cette vie de lutte, de cette vie utile au progrès humain.

Gilles tu aurais mérité d'être auprès de nous pour les dix ans de la majorité actuelle au département. Gilles j'entends encore tes rires et ton enthousiasme, te connaitre et lutter à tes cotés fut un vrai bonheur et je suis en colère comme beaucoup, face à l'injustice de ce départ bien trop prématuré.

Adieu mon ami et camarade, merci.

 

 
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)