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Compte-rendu de la formation « Combattre le FN de Marine Le Pen » avec Alain Hayot - Creil, 26 novembre 2011

Le 26 novembre 2011 s’est tenue une conférence-débat à la fédération du PCF de l’Oise sur le thème « combattre le FN de Marine Le Pen ». Il ne s’agissait pas de nous distribuer un mode opératoire à base de question-réponse pour avoir les arguments anti-FN qui font mouche mais de se poser les questions sur ce qu’est ce parti au sein de la droite française et comment il organise actuellement son aggiornamento (sa mise à jour) pour coller – dans la forme et non dans le fond - à l’air du temps. Alain Hayot, membre du CN du PCF, chargé de la culture et vice-président du Conseil régional de PACA introduit le débat en se basant sur son expérience et ses réflexions puisque par le passé, il fit partie de la liste aux municipales qui mit fin à l’expérience désastreuse du couple Mégret à Vitrolles. Dans un premier temps, il propose d’éviter les trois écueils qui brouillent la compréhension de ce parti. (J’ai ajouté aux arguments d’Alain Hayot, des commentaires de l’assistance.) Ce n’est pas un épiphénomène « protestataire ». Le FN est une force de droite du panorama politique français, héritière des légitimistes du 19e siècle (revendiquant la continuité monarchique et xénophobe), qui fut disqualifiée en 1945 alors que les tendances bonapartistes (RPR) et orléanistes (UDF) ont pu continuer dans le jeu politique républicain : le FN revient à la charge alors que nous traversons une crise politique majeure qui voit se creuser le fossé entre le peuple et sa représentation politique, qui s’exprime tant par l’abstention que par le rejet pur et simple « des politiques ». Crise à droite : l’UMP (bonapartiste) veut conserver son hégémonie et tend à unifier les droites, du centre au FN. Il s’opère une alliance sur le fond qui pourra préfigurer une alliance sur la forme. (D’où la reprise de ces thèmes communs par la « droite populaire » - 43 députés de droite - : fraude des pauvres, immigration et insécurité, islamophobie…). La question étant de savoir sous l’égide de qui se fera cette union formelle dans le futur alors que le FN vise concrètement la prise du pouvoir. 

  • Commentaires 
- Le FN est à l’origine de nombreuses campagnes internet (justice, peine de mort, immigration…) et de commentaires xénophobes sur les blogs. Le discours FN gagne dans les têtes, il est repris par l’UMP.  - Crise à gauche : Le PCF est au creux de la vague tandis que la social-démocratie assume les thèses libérales. Le manque de projet alternatif à gauche nous a logiquement affaiblis. Il faut éviter la politique du « cordon sanitaire ». La référence à la seconde guerre mondiale ne suffit plus et parle de moins en moins aux gens (même si nous ne nous en réjouissons pas). Surtout que le FN adapte son discours et son projet dans la perspective de la prise du pouvoir. Le FN est un parti de droite et il faut le combattre comme tel. 
  • Commentaires
- Le « front républicain » n’a engagé jusqu’à présent que la gauche : la droite s’en est dispensée aux dernières cantonales comme aux législatives de 1998.  - Le fait de le désigner comme « infréquentable » ne fait que le « victimiser » et apporte un éclairage à cette organisation.  - Tout comme le fait de parler de « Marine », comme si c’était une proche. C’est Le Pen ou Madame Le Pen. Le FN mènera sa campagne 2012 sous le nom « comité bleu marine ». Arrêtons de faire de la « sociologie » pour comprendre les motivations du vote FN. C’est le discours dangereux de ce parti qu’il faut combattre. On ne passe pas autant de temps à chercher à comprendre pourquoi des gens votent UMP ou PS. Il faut combattre politiquement le FN. La thèse voulant que ce soit les classes populaires et en particulier les électeurs communistes qui aient alimenté le vote FN ne tient pas. Toutes les études le montrent. Les voix du FN sont principalement issues de la droite – RPR, puis UMP - qui se sont radicalisées. Le vote FN est principalement masculin (2/3), entre 35 et 49 ans et issu des classes moyennes et intermédiaires vivant en lotissement ou propriétaire : ce n’est pas un vote de désespérance sociale mais un vote de peur du déclassement. C’est un vote de peur contre le pauvre. Bien sur que le FN a le soutien d’une partie des ouvriers (19 %) mais en 2007, ils votèrent en masse pour Sarkozy (1/2) et les ouvriers votent à 27 % pour le PS… Aussi, le discours FN a un écho chez les gros et moyens producteurs ruraux : exemple de Cavaillon. 
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- Ceci nous ramène à l’analyse des résultats des cantonales où les villes (Béthisy-Saint Pierre et Crépy) ont voté à gauche ainsi que les zones de tradition ouvrière comme Vauciennes tandis que Russy Bémont a voté à 80 % pour le FN, c’est-à-dire une zone rurale traditionnellement RPR. Une solidarité de combat et de lutte. Face à la nocivité du projet FN, il faut engager un cycle de solidarité. Le discours de la droite essaie de convaincre que ce sont les victimes de la crise qui sont coupables. Il faut inverser cette logique, les classes populaires ne sont en rien responsables de la crise. Aussi, il ne faut plus se limiter à être « contre » ou « anti », il faut faire émerger un nouveau projet, un nouvel espoir. Il faut reconstruire une nouvelle conscience de classe des travailleurs précaires, certes différente de la classe ouvrière d’hier, pour recomposer un tissu social et politique solidaire. Le FN lie la crise à l’immigration or des pays sans immigration ont été autrement plus touchés par la crise comme l’Islande, la Finlande ou la Grèce. Le FN critique la mondialisation mais ne dit mot contre le patronat qui licencie. D’autre part, il veut en finir avec les syndicats et les actions des salariés.
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- Des militants CGT se félicitent que leur organisation ait annoncé sans ambigüité son opposition fondamentale aux thèses qui divisent les travailleurs. Lorsque le FN parle de « social », il le lie à la « préférence nationale ». Le vote FN n’est pas un vote protestataire qui remet en cause le système capitaliste, c’est un projet qu’il faut combattre politiquement, argument contre argument. Laurent Sanchis  

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« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)