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40e congrès du PCF - Contribution de Gilbert Rodriguez, section de Saint-Just-en-Chaussée (60) « L'impérialisme ne se conjugue pas au pluriel »

L’impérialisme ne se conjugue pas au pluriel

Les communistes en tant qu’ils se réfèrent au marxisme considèrent depuis longtemps que le capitalisme est entré dans son stade ultime comme impérialisme :

  1. concentration de la production et du capital parvenue à un degré de développement si élevé qu’elle a créé les monopoles, dont le rôle est décisif dans la vie économique ;
  2. fusion du capital bancaire et du capital industriel, et création, sur la base de ce “capital financier”, d’une oligarchie financière ;
  3. l’exportation des capitaux, à la différence de l’exportation des marchandises, prend une importance toute particulière ;
  4. formation d’unions internationales monopolistes de capitalistes se partageant le monde, et
  5. fin du partage territorial du globe entre les plus grandes puissances capitalistes.

Toutes choses qui perdurent et s’aggravent dans un cadre mondial profondément transformé et qui augmente considérablement la dangerosité d’un impérialisme en perte d’hégémonie tenté de semer partout le chaos pour tenter de préserver les privilèges des classes dominantes qui sont les bénéficiaires exclusifs de ces rapports sociaux prodigieusement bousculés par l’essor des forces productives que ces rapports sociaux ne peuvent plus contenir.

« Rapports structurés autour de la domination idéologique, politique et financière de l’impérialisme hégémonique » avec sa périphérie de vassaux.

Pour s’en tenir sommairement à la période contemporaine notons qu’en Europe, la fraction dominante des classes dirigeantes politiques et économiques, a d’abord misé dans les années 1930 sur la victoire du fascisme hitlérien (« plutôt Hitler que le Front populaire », collaboration).

À la fin de la seconde guerre mondiale elle s’est promptement ralliée à l’atlantisme US sous couvert de danger soviétique tout en recyclant les dirigeants nazis au profit de la guerre froide (Le nazisme n’a jamais été éradiqué), à l’exception de la mouvance gaulliste soucieuse de souveraineté mais corsetée par des choix de classe et l’anti-communisme.

La période récente est marquée par la crise de l’hégémonie occidentale et la contradiction mondiale entre l’hégémonisme US, ses larbins impérialistes d’un côté et de l’autre l’ensemble des nations émergentes, les BRICS et le Sud global même si d’importantes contradictions traverses ce bloc.

Face à ce mouvement principal d’ensemble la grille de lecture que les dirigeants européens et les médias dominants (bousculés et sidérés par la brutalité trumpiste et la remise en cause des implicites prédateurs de l’alliance atlantique) pose sur cette réalité un diagnostic fortement biaisé.

Nous aurions affaire à l’affrontement de blocs impérialistes (USA, Chine- Russie…, puissances auto-proclamées démocratiques contre états démocratiques).
L’occasion pour l’Europe d’affirmer une autonomie stratégique (Macron) qui n’est qu’un leurre tant les classes dirigeantes européennes demeurent vassales en matière d’industrie, d’accès à l’énergie, de puissance militaire, de suivisme idéologique.
Comme maints faits le prouvent: achat massif de GNL US, achats d’armements US, tropisme idéologique majeur anti-communiste et anti-russe issu des habitudes de la guerre froide, besoin de protection étranger des classes dirigeantes contre leur propre peuple ...

Dans le résumé du document majoritaire issu du Conseil national « Un communisme de conquêtes » le renvoi au « combat contre un ordre international dominé par les logiques impérialistes et pour la paix » s’inscrit par conséquent dans ce schéma de pensée dominant.
Tandis que dans la partie II « La paix, le travail et la République au cœur du projet communiste « c’est le singulier et la référence à l’impérialisme US qui prévaut.
Une expression contradictoire et donc une ambiguïté à lever.

L’ambiguïté doit être d’autant plus levée que sur la question majeure de la guerre en Ukraine nos dirigeants ont la plupart du temps approuvé le narratif occidental sur la responsabilité exclusive de la Russie (allusion obsessionnelle à Poutine).

Édulcorant de cette manière les responsabilités majeures des États-Unis et de l’Union européenne dans la mise en place de l’engrenage guerrier dont nous ne sommes toujours pas sorti (coup d’État US de 2014, rôle majeur dans le Maidan des troupes de choc nazies, massacre d’Odessa du 2 mai 2014…).

Noyant de ce fait les dérives fascistes de l’occident global dans un narratif confus et sans perspectives rassembleuses et mobilisatrices.

Par ailleurs en acceptant de désigner la Russie comme l’ennemi dont il faut se prémunir prioritairement cela justifie dans l’opinion l’effort de réarmement et l’explosion des dépenses militaires au détriment de toute politique sociale en faveur des populations, la politique néo-coloniale des sanctions à géométrie variable et sans égard pour les peuples !

Alors que pour désamorcer cette course à la guerre il faudrait proclamer haut et fort que la Russie n’est pas notre ennemi et que pour justifier leur politique d’agression et de régression sociale les classes dirigeantes, les macronistes et leurs complices ont besoin de désigner un ennemi totalement déshumanisé !

Tout cela est d’autant plus préjudiciable que du même coup c’est la possibilité comme force politique de s’inscrire clairement dans le courant de la contestation de la domination impérialiste dangereuse et chaotique (comme on peut chaque jour le constater à présent (Iran, Cuba, Groenland, Canada…) qui perd en efficacité et en crédibilité internationale.

Quant au fond c’est l’appréciation de l’état actuel du monde, celle des véritables lignes de fracture qui déterminent le choix d’une stratégie de sortie de crise pour le parti et d’authentique perspective progressiste pour notre peuple et pour le pays lui-même.

C’est donc effectivement pourquoi toute ambiguïté doit être levée.

Proposition d’amendement :
Dans la partie 2.1
Le parti pris de la paix et des coopérations internationales

Les aspirations qui émanent des peuples du “Sud global”, de pays des BRICS, de la CELAC (Communauté des États latino-américains et des Caraïbes) ou de l’Union africaine, en faveur du mul-tilatéralisme et contre l’hégémonie du dollar sont des bases pour agir

remplacer « sont des bases pour agir »
par
« constituent par delà-les contradictions de cette construction une véritable alternative à la domination impérialiste dans laquelle notre parti s’inscrit résolument »

Fraternellement,

Gilbert Rodriguez

Fédération de l’Oise

 
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)