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40e congrès du PCF - Contribution d'Alain Boutroue, section de Villers-Saint-Paul (60) « PCF : hier, aujourd'hui, demain »

Contribution d'Alain Boutroue, section de Villers-Saint-Paul (60) - 30 janvier 2026

PCF : hier, aujourd'hui, demain

La perte de notre base ouvrière où nous avions de fortes implantations dans les usines et les syndicats.

Le déclin industriel en France affaiblit nos bases.

Entraînant une perte d'ancrage militant et une dépendance accrue à nos élus pour exister publiquement.

Notre implantation locale est significative dans certaines communes avec nos élus (maires, conseillers départementaux, députés, etc.) nous assure une visibilité et des ressources financières qui nous sont essentielles.

En France, le financement des partis politiques dépend du nombre d'élus et de leurs contributions. Cela renforce donc j'importance des élus, pour notre parti qui ne peut plus compter sur une base militante aussi nombreuse qu’avant.

Ce qui me fait poser une question.

Selon les situations, locales, départementales, régionales, nationales, nous perdons notre discours révolutionnaire et nos positions idéologique.

Pour preuve dans mon département, des négociations (notre délégation est composé d’élus) ont lieu avec les dirigeants du PS et je suppose d'autres partis de gauche ? Que ces négociations aient lieu ne me dérangent pas, bien au contraire. Ce qui me dérange, c’est que nous ne sommes pas au courant des propositions des uns et des autres, et que l'on nous impose ce que nos responsables ont négocié sans jamais que notre section participe.

Je suis bien conscient qu'il faille avoir des stratégies, mais il me semble que depuis une trentaine d'années, cette stratégie d'alliance fausse notre identité.

Je prendrai deux exemples.

  • En 1981, lorsque Mitterrand a été élu et que nous savions qui était ce homme, nous avons pendant deux ans arrêter nos revendications. Alors que nous avions un projet un programme, « Changer de cap », et à cette époque, nous étions peu à vouloir continuer à nous battre pour influencer avec le peuple, la politique menée par ce gouvernement. On nous disait qu'il fallait laisser le temps au temps.

  • Le deuxième exemple est 2012, où Marie-George Buffet et Pierre Laurent font apparaître Jean-Luc Mélenchon. Qui par deux fois, explique à la télévision que son modèle est Mitterrand.

Et nous voyons où cela nous a amené

Comme d'autres partis historique, nous souffrons de la défiance généralisée envers les partis politiques, surtout parmi les jeunes.

Notre faible visibilité médiatique nous relégua souvent au second plan, derrière des figures plus médiatiques, comme Jean-Luc Mélenchon, ou des causes émergentes comme l’écologie.

Nous retrouvons de la visibilité nationale.

Avec Léon Deffontaine qui s'est présenté aux Européennes, même si certains et certaines camarades n'ont pas fait cette campagne, ayant comme mot d’ordre un candidat unique de gauche.

En ce qui concerne Fabien Roussel :

Élu, premier secretaire depuis 2018 n’étant pas parisien, mais de province, sa manière de s'exprimer tout en restant ferme sur le fond, change la donne.

Il revendique une politique et ses valeurs historiques, tout en mettant en avant des thématiques populaires et concrètes. Son message autour de la défense du travail, des salaires et du pouvoir d'achat résonne auprès d'une partie de l'électorat, ouvrier et populaire.

Il a utilisé les médias pour diffuser des idées parfois polémiques, mais efficaces afin d'attirer l'attention comme son insistance « repas à base de viande, de fromage et de vin », ou certaines politiques écologiques jugées « punitives ».

Il promet une stratégie d'autonomie qui, contrairement à l'effacement du PCF derrière d'autres forces de gauche dans le passé, nous redonne notre identité de communiste. Notamment par rapport a la France insoumise, Roussel a revendiqué une indépendance stratégique.

Lors de l'élection présidentielle de 2022, il a présenté sa propre candidature obtenant 2,3 % des voix. Bien que modeste, notre score a permis de retrouver une certaine visibilité. Par exemple sur les camapagnes concernant la souveraineté énergétique et industrielle.

À travers Fabien Roussel, notre parti milite activement pour le maintien et le développement du nucléaire en France, la réindustrialisation, pour la justice sociale contre les inégalités, notamment à travers des propositions sur les salaires, les retraites et services publics.

Comme premier secrétaire, candidat de terrain proche des préoccupations quotidiennes. Nous devons rencontrer dans nos quartiers, nos villages, nos concitoyen·nes, nous démarquant des discours technocratiques.

Il nous faut repenser une nouvelle République par exemple.

Mon expérience sur le terrain - porte à porte, distribution de tracts aux gares, signatures de pétitions aux boulangeries, chez l’habitant -, me fait entrevoir un regain d'attention et des adhésions que nous avons faites par un élan suffisant de confiance.

Il nous faut aussi aborder l’idée d’une nouvelle République, où la devise « Liberté-Égalité-Fraternité » retrouve tout son sens - j’ai à ce sujet quelques idées, mais c’est trop long.

 

 
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)