Contribution d'Alain Boutroue, section de Villers-Saint-Paul - 29 janvier 2026
Voir l'automatisation comme destructeur de travail ou d'emploi ?
Pour le sociologue Randall Collins, le nouveau chômage technologique represente un vrai danger pour la classe moyenne qui occupe des métiers qualifiés et relativement bien payés.
L’automatisation prend non seulement des bras, mais aussi de l’intelligence artificielle. Selon plusieurs études, 50 % seraient automatisables d’ici dix à vingt ans.
Depuis un an, le fonds de pension de Hong Kong est présidé par un algorithme. Cette intelligence trône parmi les patrons, décident des investissements, rédige ses rapports financiers, des cas cliniques ou encore des analyses sur l’état des brevets.
Tout cela en quelques secondes.
Hier l’automatisation a permis d’alléger le travail humain, qui c’est traduit par des suppression d’emplois, la baisse du temps de travail ne palliant déja pas au progrès des sciences et des techniques de cette époque.
Aujourd’hui les métiers qualifiés sont en ligne de mire.
Les métiers impactés par cette évolution de l’automatisation seront : les télémarketeurs, analystes, secrétaires, dockers, employés de banques, réceptionnistes, arbitres, caissiers, comptables, ouvriers assembleurs, conducteurs de trains, experts comptables, jounalistes, médecins, chirurgiens, avocats…
L’évolution est nécessaire.
L’automatisation et la numérisation entraînent une baisse importante du nombre d’heures de travail nécessaires pour accomplir une tache. Pour autant nous devons réfléchir sur sa finalité.
Il nous faut donc réflechir sur la formation permanente de l'homme et une baisse drastique du temps de travail.
On numérisait 25 % de la production d’informations humaines en 2000, on en est aujourd’hui à 98 % en France.
Là où il fallait trente avocats mobilisés pour analyser un dossier, rechercher des jurisprudences… il n’en faut plus que trois aujourd’hui. Il faudra toujours plaider, mis il y aura moins besoin d’avocats.
Troisième facteur aggravant
Ces nouvelles technologies ont tendance à faire de plus en plus travailler gratuitement le consommateur, au profit de celui qui vend le service.
Voir celui qui prend de l’essence à la pompe, le consommateur avec les caisses automatiques, remplaçant les caissières, les banques avec leurs services en ligne…
Mais plus encore, lors de commandes chez Amazon ou chez Google, nous fournissons un travail bénévole pour ces fournisseurs de services.
On donne nos données, on nourrit les algorithmes qui permettent aux moteurs de proposer des suggestions… Les entreprises du numérique nous font travailler avec cette conception de liberté, nous commandons chez Amazon en ayant l’impression d’économiser, mais nous détruisons des emplois.
Boson Consulting Group se félicite de ces évolutions technologiques qui permettent au niveau mondial de faire économiser 16 % du « coût du travail » en coupant dans la main-d'œuvre à court terme.
Le chômage technologique représente un véritable risque pour la classe moyenne.
Dans un article « Le capitalisme a-t-il un avenir ? », le sociologue Rendall Collins explique que ce nouveau chômage technologique représente avant tout un véritable risque pour la classe moyenne qui occupe ces métiers qualifiés relativement bien payés
Il developpe l’idée que l’emploi se subsisterait à la creativité et l’imagination… Il fait le constat de la restriction du nombre de personnes qui se servent de leur imagination.
Il développe l’idée que les métiers qui serviront à entretenir le cerveau, deviendrons des métiers sous-prolétarisés, ils deviendront des emplois mal payés, et donc en concurrence avec les robots.
Exemple : Foxcoon, le sous-traitant principal d'Apple, a commencé à remplacer ses ouvriers chinois par des robots. Objectif : remplacer un million de salariés chinois qui ne sont payés que 300 euros par mois. Microsoft, lui, a troqué ses vigiles et agents de sécurité contre des robots mobiles munis de caméras.
Cela pose de vraies questions au capital.
Pour son fonctionnement, ce dernier a besoin de clients qui consomment.
Il nous faut donc réfléchir sur la durée du temps de travail, sur la formation permanente et sa sécurité.
Si nous considérons que l’automatisation ne détruit pas le travail, mais l’emploi salarié, il nous faut donc se poser et répondre à cette question : « À quoi sert l’intelligence humaine ? Bien commun ou bien privé ? »