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Pétition « Une carte de séjour pour Thierno Tahirou, apprenti boulanger dans l'Oise ! » - Janvier 2021

 

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Une carte de séjour pour Thierno Tahirou, apprenti boulanger dans l'Oise !

initiée par le collectif Soutien Thierno,

adressée à la préfecture de l'Oise

 

Thierno Tahirou, accompagné par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) en qualité de Mineur Non Accompagné vient de recevoir une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF)...

Ce jeune a 18 ans (à peine). Il habite Nogent-sur-Oise. 

Il travaille comme apprenti boulanger (lui aussi !), se lève à 4 h du matin pour fabriquer nos baguettes tradition française... va à l'école pour obtenir un diplôme et construire son avenir...

Comme beaucoup, Thierno Tahirou a quitté son pays d'origine, la Guinée, et a pris la mer au péril de sa vie dans l'espoir d'avoir un avenir... un travail... une chance ! 

Avenir qui lui était impossible de construire dans son pays d'origine... sinon il n'aurait pas risqué sa vie en mer...

Évident pour beaucoup...mais toujours nécessaire de le rappeler !

Comme beaucoup de jeunes, il a été pris en charge par les services de l'ASE de l'Oise.

Comme beaucoup de jeunes Mineurs Non Accompagnés, confiés par décision de justice (juge des tutelles d'État pour mineurs) au Département de l'Oise, il a été accueilli dans un hôtel, sans aucun accompagnement éducatif pendant de longs mois...

Aucun accompagnement vers l'insertion ne lui a été proposé pendant cette période de « prise en charge ASE ».

Pourtant, il s'est inscrit seul à la Mission Locale, a réalisé plusieurs stages et a décroché un contrat d'apprentissage du fait de son sérieux et de sa motivation...

Aujourd'hui, la Préfète de l'Oise lui reproche de ne pas être suffisamment inséré dans la société française...

Que signifie « ne pas être suffisamment inséré dans la société française » ?

Quand on parle la langue française...

Quand on travaille...

Quand on va à l'école...

Quand on respecte les lois et les règles de la société...

Et quand des éducateurs, qui engagent leur parole dans un " rapport éducatif ", se portent garants du sérieux d'un jeune ?

Et puis, quand bien même, peut-on faire de  l'insertion sociale et professionnelle une exigence dans une période de crise sanitaire comme nous le vivons  depuis 1 an... ?

Comment s'insérer dans une société confinée, à l'arrêt ?

Sur le plan humain, c'est terriblement injuste, révoltant, écœurant...

Nous nous mobilisons pour :

  • Que la dignité de Thierno Tahirou soit respectée, et qu'il puisse continuer à se construire en France
  • Faire valoir ses droits, celui de poursuivre sa scolarité, son apprentissage du métier de boulanger
  • Une loi en faveur des jeunes qui ont été protégé par l'État en qualité de Mineurs Non Accompagnés afin qu'ils ne soient plus expulsables le jour de leur 18ème anniversaire...

Comme pour la situation de Laye Fodé Traoré, apprenti boulanger à Besançon, nous ne pouvons compter que sur notre solidarité !

Nous avons besoin d'un maximum de signatures et de relais pour que Thierno Tahirou puisse obtenir son titre de séjour, poursuivre sa scolarité et construire sa vie, ici, en France !

Merci pour votre solidarité ! 

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Pétition « Une carte de séjour pour Thierno Tahirou, apprenti boulanger dans l'Oise ! » - Janvier 2021

le 05 February 2021

Lettre ouverte en date du 1er février 2021 du collectif d'associations constitué de : Attac Oise, Cent pour un toit famille, Cent pour un toit Oise, Communauté Emmaüs du Clermontois, Groupe local de la Cimade dans l’Oise, Ligue des droits de l’Homme, Réseau Veillées des écoles du bassin creillois, Solidarité sans papiers                                   

 

Creil, le 1er février 2021

Lettre ouverte à Madame la Préfète, Madame la Présidente du Conseil départemental de l’Oise

 

Madame la Préfète,

Madame la Présidente du Conseil départemental,

 

Notre collectif d’associations est particulièrement inquiet de la vague de refus de délivrance de titre de séjour aux mineurs non accompagnés qui viennent d’avoir 18 ans : il y a là, dans notre département, une politique qui ne peut que rejeter des jeunes dans la clandestinité et faire basculer certains dans la délinquance comme seule stratégie de survie.

Si ces propos sont rudes voire choquants, ils reflètent pourtant une réalité indéniable qui ne nous semble pas supportable. C’est pourquoi, nous nous permettons de vous exposer cette situation de façon précise ci-après.

Ces refus sont donnés à des jeunes scolarisés et apprentis aux motifs qu’ils n’ont pas six mois de formation professionnelle, qu’ils n’ont pas apporté de preuves suffisantes de leur intégration, qu’ils n’ont pas de liens en France (logique pour des mineurs non accompagnés).

Vous n’ignorez pas qu’en septembre 2020, le Ministère de l’Intérieur a pourtant envoyé des instructions aux préfètes et préfets (lettre du 21/09/2020 NOR INTV2012657J) afin d’éviter les ruptures de droit et de parcours à la majorité de ces jeunes. De plus, l’admission exceptionnelle pourrait être accordée en application de l’article L.313-15 du CESEDA (sous-section 7) qui donne un large pouvoir d’appréciation aux préfets.

D’autre part, si les jeunes ne réunissent pas toujours six mois de formation à leur dépôt de dossier, cela ne leur est pas imputable mais dû à une carence de leur prise en charge : pour la plupart, lors de leur admission au service de l’Aide sociale à l’enfance relevant du Conseil départemental, ils ont été accueillis plusieurs mois à l’hôtel sans accompagnement  et sans parcours mis en place. Quand ils sont ensuite orientés dans des structures, il reste peu de temps pour concrétiser un parcours de formation. Malgré tout, la plupart, avec beaucoup d’énergie et grâce aux professionnels qui les accompagnent, réussissent à trouver un employeur. Faut-il encore que leur contrat d’apprentissage soit validé par les services de l’Aide sociale à l’enfance, ce qui est loin d’être toujours le cas.

Est-il nécessaire de vous rappeler le parcours migratoire de ces jeunes : ces enfants ont souvent quitté leur pays à l’âge de 14-15 ans, contraints et forcés pour différentes raisons (guerre, économie, persécution…). Après un parcours d’une durée de 18 à 24 mois, semé d’embuches voire d’atrocités (esclavage, torture, viols, …), ceux qui ont survécu entament un autre combat : faire reconnaître leur minorité. Pour ceux qui y parviennent, la lutte n’est pas terminée : un certain nombre d’entre eux ont végété dans des hôtels sans accompagnement ni scolarité. Quand ils sont orientés en structure, ils mettent toute leur énergie pour trouver une formation et un emploi. Tous les employeurs rencontrés louent leur courage et leur volonté d’intégration. Pour en arriver à un refus de titre de séjour et une Obligation de quitter le territoire…

Quel gâchis à tous les niveaux : mépris du travail des professionnels, des  éducateurs, des bénévoles mais aussi des lycées, des CFA et des employeurs qui  se sont investis pour leur formation. Pourtant, ces jeunes sont aussi l’avenir de notre pays.

Nous en appelons à vous pour un accueil non seulement plus humain mais aussi juste au regard du droit, plus digne de notre République.

Dans l’objectif d’envisager des changements à court terme de cette situation, nous sollicitons un rendez-vous en urgence.

Recevez, Madame la Préfète, Madame la Présidente du Conseil départemental, nos solidaires salutations.

 

CENT POUR UN TOIT OISE

Attac Oise, Cent pour un toit famille, Communauté Emmaüs du Clermontois, Groupe local de la Cimade dans l’Oise, Ligue des droits de l’Homme, Réseau Veillées des écoles du bassin creillois et Solidarité sans papiers

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