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« Pour nous, l’urgence, c’est la sécurité de l’emploi ! », lancement d’une campagne nationale des communistes - Résolution du Conseil national du PCF, 6 septembre 2020

« Pour nous, l’urgence, c’est la sécurité de l’emploi ! »

La Covid-19 a révélé l’échec des politiques d’austérité et de la course aux profits qui épuise la nature et sacrifie les êtres humains, à commencer par les femmes, au détriment de toute la société.

Le grand gagnant du plan « France relance » présenté par le Premier ministre, c’est le capital. Ce sont les mêmes vieilles recettes néo-libérales de baisse des impôts qui sont utilisées sans aucune garantie de développement de l’emploi. 20 milliards sont donnés sans contrepartie. Pire, à l’image du CICE, l’argent public est massivement versé à des entreprises qui licencient. La France a besoin d’un changement majeur de politique.

Le chômage et la précarité ne sont pas une fatalité ! Nous proposons d’engager une révolution sociale et écologique de la production en partant de l’emploi pour répondre aux défis de notre temps en imposant deux exigences :

  • Mettre l’argent de l’État, des banques, des entreprises au service de l’emploi et des services publics. Il faut baisser le coût du capital (dividendes, intérêts bancaires) pas celui du travail !
  • Créer un nouveau système garantissant une sécurité d’emploi et de formation. Plus que jamais la crise sanitaire et économique nécessite de permettre à chacune et chacun de conjuguer liberté par une mobilité choisie et sécurité accrue de ses revenus et de ses droits.

Cette proposition prend appui sur l’aspiration partagée à une formation et à une mobilité choisie, à un travail utile et qui ait du sens, à l’égalité professionnelle femmes-hommes, comme sur la nécessité d’élever le niveau de formation et de qualification. Et parce que nous ne pouvons pas faire confiance au marché pour organiser la production, cela exige de nouveaux pouvoirs des travailleurs·euses, des citoyen·ne·s et la construction de nouvelles institutions politiques.

En lien avec cette proposition, nous portons immédiatement cinq exigences dans le débat public à travers une pétition nationale :

  1. Interdire les licenciements des grands groupes bénéficiant de fonds publics et instaurer un droit de contre-proposition des salarié·e·s et des habitant·e·s permettant de mobiliser l’argent des banques.
  1. Objectif zéro jeune rentrant sur le marché de l’emploi au chômage ou sans formation correctement rémunérée.
  1. Augmentation des salaires, des minima sociaux, un revenu minimum décent pour les 18-25 ans et l’application stricte de l’égalité professionnelle femmes-hommes et la fin du racisme et de toutes les discriminations.
  1. Un plan d’embauche et de formation dans la santé et l’éducation nationale et l’annulation des fermetures de lits, d’hôpitaux, de classes et de postes. Le remplacement de Pôle emploi par la mise en place d’un service public de l’emploi et de la formation, doté d’une mission de sécurisation et de formation.
  1. Un fonds de sécurisation de l’emploi, de la formation et pour la transition écologique, géré démocratiquement, pour agir sur les décisions des grandes entreprises et des banques et faire contribuer le capital et les profits.

Nous appelons les communistes à se mobiliser dans chaque département pour faire émerger les besoins en matière d’emplois et en solidarité avec les salarié·e·s menacé·e·s par des plans de licenciements.

Partout en France, proposons à nos concitoyen·ne·s - salarié·e·s, habitant·e·s, élu·e·s - de créer des comités de défense des emplois, des compétences, de capacités de production pour les accompagner dans leur lutte, demander des comptes sur l’utilisation de l’argent et faire des propositions pour l’emploi et la transition écologique.

C’est en partant de ces luttes que nous pourrons appeler à la création de conférences permanentes (régionales et nationale) pour l’emploi, la formation et la transformation productive écologique, institutions publiques nouvelles devant lesquelles des engagements chiffrés d’emplois et de mises en formation seront pris, suivis et contrôlés démocratiquement, en lien avec les besoins de production et de services publics. Ces conférences seront dotées de fonds permettant de mobiliser l’argent des entreprises et des banques.

En lien avec les luttes locales des entreprises et services publics, nous appelons à des rassemblements partout en France les 9 et 10 octobre prochains pour faire progresser une alternative au plan de relance Macron-Castex portant ces exigences.

Résolution du Conseil national - Paris, le 6 septembre 2020

 

 

Premier flyer accompagnant cette campagne nationale des communistes

 

 

 

Affiche

« Pour nous, l’urgence, c’est la sécurité de l’emploi ! », lancement d’une campagne nationale des communistes - Résolution du Conseil national du PCF, 6 septembre 2020

le 17 septembre 2020

Je télécharge la résolution du Conseil national

Frédéric Boccara : « l'emploi, carrefour des exigences, des luttes et de la politique »

L’emploi ? Carrefour des exigences, des luttes et de la politique

Le Conseil national du PCF des 5 et 6 septembre a décidé d’engager une bataille de longue haleine pour l’emploi. Cette campagne vise à la fois une bataille d’idées et à mettre en cause les pouvoirs politiques. Il s’agit aussi d’organiser le Parti et de gagner des avancées concrètes. L’enjeu : faire le lien entre luttes existantes ou exigences populaires, et « politique ». C’est notre façon à nous de poser la question du changement politique.

Ainsi nous aurions, d’une part, 5 revendications dans une pétition nationale (refus des licenciements et droit de contre-propositions avec des moyens financiers, embauches massives dans les services publics, augmentation des différents salaires, plan jeunes, Fonds pour l’emploi et la formation). D’autre part, nous porterions l’exigence d’institutions politiques nouvelles, incarnant cette dimension politique, des « Conférences permanentes pour l’emploi, la formation et la transformation productive écologique », au niveau territorial, régional et national, munies de fonds faisant levier sur les banques et entreprises. Nous les revendiquerons aussi dans les élections.

L’emploi est une question politique, car c’est une question de pouvoirs et de logique. Dans le capitalisme, l’emploi est traité au mieux comme un solde et essentiellement comme un coût face à la rentabilité financière du capital.

La crise frappe déjà durement (- 800 000 emplois, pauvreté, recul historique de la consommation). Elle va frapper plus violemment encore. Le gouvernement veut faire croire qu’il fait ce qu’il peut. Or, ce n’est pas vrai. Il appuie le capital. Le plan Castex ce sont des milliards pour le capital et les profits et surtout des mots pour l’emploi et les productions écologiques !

Il faut une autre logique : au lieu de mettre l’investissement et le capital d’abord, mettre l’emploi d’abord avec une sécurité de revenu. Car l’emploi, avec la formation, est un levier d’efficacité au service d’une nouvelle production, écologique, dans nos territoires, et c’est l’investissement qui doit l’accompagner.

Nos gouvernants ont reconnu un temps qu’il fallait « sécuriser et préserver les compétences ». Mais, en fait, ils appuient les licenciements des grands groupes et confortent le principe du chômage. C’est révoltant. Mais cela montre aussi le mûrissement des idées dans notre société sur lequel s’appuyer.

Donnons aux batailles sur l’emploi le sens de différents chantiers d’un système de sécurité d’emploi et de formation (SEF). Mettons en cause les pouvoirs patronaux et ceux de l’État ou des Régions qui les accompagnent. Posons dans les luttes des questions politiques : Quelle action publique sur les entreprises et les banques ? Avec quels critères et quelle démocratie ? Posons la question d’un projet de société : Précarité ou sécurité ? La SEF est un projet d’émancipation par une efficacité nouvelle, où la formation de chacune et chacun devient un but en soi, avec une réduction du temps de travail y compris tout au long de la vie, et une libération du marché du travail par une sécurité de revenu dans une mobilité de progrès, incluant d’autres activités que l’emploi ou la formation.

Au fond, notre projet de sécurité d’emploi ou de formation est un projet de société, une visée, qui donne sens aux luttes et aux différentes revendications (emploi, RTT, développement des services publics, autre production écologique, formation, salaires, qualifications, émancipation, retraite, égalité femmes-hommes, lutte contre les discriminations, droits nouveaux des travailleurs et des habitants, etc.).

Des cellules de veille et de suivi de l’emploi vont être mises en place dans les fédérations, ainsi qu’une une cellule d’animation nationale.

Une pétition nationale est lancée. Elle est en ligne sur le site du Parti.

Des réunions publiques peuvent être organisées et des comités de défense de l’emploi mis en place.

 

Les 9 et 10 octobre, dans chaque département nous allons porter nos exigences auprès des pouvoirs publics, préfets, conseils régionaux, etc., pour exiger que l’argent public et celui des banques soit utilisé pour l’emploi, les salaires et les services publics. Nous demanderons que soient mises en place des Conférences permanentes pour l’emploi, la formation et la transformation écologique, démocratiques, dotées de pouvoirs et de moyens.

Frédéric Boccara,

membre du CEN,responsable secteur Économie, travail, mondialisation économique, argent des entreprises.

 

 
 
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)