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Nouvelle répression en Turquie, la Municipalité appelle à la condamnation de ces atteintes à la démocratie - Montataire, 23 août 2019

Communiqué du vendredi 23 août 2019

Nouvelle répression en Turquie, la Municipalité appelle à la condamnation de ces atteintes à la démocratie

Chassés par les urnes aux dernières élections locales, Recep Tayyip Erdogan et son parti l'AKP tentent de revenir par la force. Dans la nuit du 18 au 19 août, trois Maires membres du HDP ont été démis de leurs fonctions et remplacés par des émissaires du pouvoir central turc. Les trois édiles appartenant au parti pro-kurde avaient été élus lors des élections municipales de mars 2019, celles-là même où le Président turc a essuyé un cuisant revers électoral.

La municipalité réaffirme son soutien aux élus et militants du HDP et du PKK, victime de répression systématique. Montataire, forte de sa tradition internationaliste de solidarité avec les peuples opprimés et les prisonniers politiques, a parrainé en mars 2019 Mukkadès Kubilay, Maire de la commune d'Agri. Comme les Maires de Diyarbakir, Mardin et Van, elle a été destitués et incarcérée en seule raison de ses engagements politiques.

Le Maire et la municipalité se joignent à l'appel lancé par l'association France-Kurdistan au Gouvernement français à condamner avec force ces atteintes à la démocratie.

« Pour Mukkadès Kubilay, pour tous les élus et militants, prisonniers politiques en Turquie et partout dans le monde, exigeons la paix, la liberté et la dignité des peuples. »

Jean-Pierre Bosino,

Maire de Montataire, Conseiller départemental de l'Oise

 

Appel de l'association France-Kurdistan

Lundi 19 août, les trois plus grandes villes du Nord-Kurdistan administrées par le Parti démocratique des Peuples (HDP) ont été privées de leur Maire sur décision du ministre de l’intérieur turc.

Élus respectivement à 63 %, 56 % et 53 % des voix le 31 mars dernier, les Co-maires de Diyarbakir (Selçuk Mizrakli), Mardin (Ahmet Türk) et Van (Bedia Özgökçe Ertan) ont été destitués de leur mandat et remplacés, manu militari, par des Préfets désignés le jour-même par le gouvernement turc.

Le même jour, des centaines de personnes, surtout des conseillers municipaux, mais aussi des dirigeants et membres du HDP, ont été arbitrairement arrêtées. 

On assiste là à un énième coup porté par le régime d’Erdogan à la démocratie et à la volonté du peuple kurde. La Turquie reprend la vague de répression commencée en 2016 qui avait conduit à la destitution de 95 Maires kurdes du HDP sur les 106 élus en 2014.

Aux élections locales du 31 mars dernier, le HDP a récupéré 63 mairies dépouillées de leurs ressources par les fonctionnaires nommés par le gouvernement pour, soi-disant, les administrer. Aujourd’hui, le HDP ne dispose plus que de 60 municipalités, un chiffre qui risque encore de baisser au cours des jours et semaines à venir. 

Depuis lundi, la population de Diyarbakir, Mardin et Van est dans la rue pour protester contre ce que le Co-maire destitué de Diyarbakir, Selçuk Mizrakli, a qualifié de « séisme pour les principes et valeurs de la démocratie ». Les manifestations qui ont lieu également dans les grandes métropoles de Turquie, comme Ankara et Istanbul, sont très durement réprimées par les forces de l’ordre. 

On ne peut plus le nier : la Turquie a franchi depuis longtemps le seuil du fascisme et de la dictature. Prétextant d’une prétendue lutte contre le terrorisme, elle réprime à l’intérieur et se livre à des agressions militaires à l’extérieur, tout cela dans le cadre de sa politique anti-kurde. Après avoir envahi en 2018 la ville kurde d’Afrin au nord de la Syrie, avec le soutien d’une horde de djihadistes, elle menace aujourd’hui d’occuper le reste du Rojava. Parallèlement, elle mène des incursions armées au Sud-Kurdistan (nord de l’Irak) qu’elle est en passe d’envahir, dans le silence consternant du gouvernement régional du Kurdistan (KRG), de l’Irak et de la communauté internationale. 

On ne peut plus continuer à se taire face aux pratiques de la Turquie, à ses violations des droits humains et de la démocratie, à ses massacres et à son expansionnisme. Se taire reviendrait à dire « OUI » au fascisme.

Nous appelons les autorités françaises à réagir face à ce grave coup porté à la démocratie et à faire pression sur la Turquie pour le rétablissement des maires dans leurs fonctions et la libération des prisonniers politiques. 

Nous demandons aux institutions européennes de rappeler la Turquie à l’ordre et prendre les mesures qui s’imposent dans les situations de violation grave de la démocratie. 

Nous appelons les élus et toutes les forces démocratiques en France à se mobiliser à nos côtés pour dire « STOP » au fascisme et à la dictature en Turquie. 

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Nouvelle répression en Turquie, la Municipalité appelle à la condamnation de ces atteintes à la démocratie - Montataire, 23 août 2019

Turquie: Inacceptables arrestations des maires kurdes démocratiquement élus (PCF)

Recep Tayyip Erdogan n'en finit pas de régler ses comptes avec le nombre croissant de démocrates qui s'oppose à sa politique. Les forces armées spéciales ont le 19 août 2019 conduit des opérations contre les municipalités reconquises de haute lutte, en avril dernier, par le Parti démocratique des peuples (HDP).
Les co-maires de nombreuses villes, dont celles de Diyarbakir, Van ou Mardin, ont été destitués par le ministre de l'Intérieur et remplacés par des administrateurs issus de l'AKP. Au total, 418 maires et militants du HDP se trouvent désormais emprisonnés.

Fragilisé par sa défaite retentissante à Istanbul, R.T. Erdogan n'en poursuit pas moins ses purges et le démantèlement du système municipal kurde. Celui-ci constitue le laboratoire du projet politique kurde au service des habitants. Il impulse des politiques publiques en faveur de la jeunesse, de la culture, de l'environnement, de l'égalité hommes/femmes... véritable alternative à la corruption généralisée, au népotisme et à la prédation capitaliste conduite depuis Ankara par les islamo-conservateurs.

Les municipalités kurdes étaient devenues la cible de R.T. Erdogan depuis 2015 puisque 94 maires sur 102 avaient été arrêtés. La veille du scrutin de 2019, le président turc annonçait, par anticipation, la destitution des futurs édiles. Cette violence du pouvoir traduit l'anéantissement de l'espace politique au Kurdistan de Turquie où la signification des élections est d'emblée entachée de nullité. Un régime qui s'affranchit de la légitimité des urnes bascule inéluctablement dans la dictature.

Le Parti communiste français (PCF) exprime sa totale solidarité avec les maires et les militants du HDP incarcérés. Il est aux côtés des peuples de Turquie qui se tiennent debout face à la dictature. Il appelle le gouvernement de la France et les pays de l'Union européenne, prompts à dénoncer sélectivement des atteintes à la démocratie, à condamner ce nouveau coup de force et à mettre un terme aux complicités avec cette tyrannie.

Parti communiste français,
Paris, 19 août 2019

 
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)