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Trois débats pour un dépassement communiste du capitalisme - Fête de la Paix, 5 & 6 mai 2018

La Fête de la Paix ne pouvait pas ne pas rendre hommage à Karl Marx à l’occasion du bicentenaire de sa naissance, le 5 mai 1818, apportant ainsi sa pierre à toutes les initiatives prises en l’honneur du grand penseur allemand cette année et plus particulièrement ce week-end des 5 et 6 mai 2018 : colloques, débats, édition, presse… Cette édition était aussi marquée par le cinquantenaire du mouvement social de mai et juin 1968, l’occasion d’échanger à partir des expériences personnelles, sur les luttes d’hier et d’aujourd’hui. Enfin, le directeur du journal l’Humanité et député européen Patrick Le Hyaric a partagé son analyse du monde chaotique actuel, matrice potentielle de guerres, et la nécessaire transformation des colères en mouvement populaire de transformation, progressiste et démocratique.

 

 

Gilbert Garrel, actuel président de l’Institut d’Histoire Sociale (IHS) CGT, a brossé le samedi, succinctement, le mouvement social de mai-juin 68 en évitant les deux écueils de le renvoyer dans l’histoire ou de le résumer à ces deux seuls mois ou même à la seule année 1968. De Gaulle dirige le pays depuis 1958, de manière autoritaire, au service des monopoles, tournant le dos au programme du Conseil National de la Résistance. La jeunesse issue du baby boom réclame sa place, la CGT se bat pour les salaires, les conditions de travail, la dignité au travail avec, depuis 1962, 2 à 3 millions de journées de grève par année ; les guerres coloniales ou les dictatures en Europe travaillent la société. Les « accords » de Grenelle, en fait un « constat » que la CGT et Georges Séguy n’ont pas signé, servira de base de discussions dans les branches et entreprises tout le mois de juin. Christine Chevalier, lycéenne à l’époque, dira l’envie de liberté, qu’« il fallait que ça change », tout comme ;;; lycéen à Dijon pour lequel ce fut « une révélation ». Jacques, tout frais élu CGT à l’époque, évoquera les 3 semaines d’occupation de l’usine de métallurgie Montupet, la fraternité et l’expérience de militantisme qui lui servira tout au long de sa vie de syndicaliste. Pour Jean Levasseur, la grève aura duré 17 jours chez Poclain à Crépy-en-Valois. Bernard Lamirand racontera le poids de la victoire des mineurs en 1963, des accidents de travail nombreux et de la Guerre d’Algérie. Trois semaines de grève et même sentiment de solidarité pour Christiane Carlin, à la Sécurité sociale de Creil. Point de vue parisien avec Henri Schmitt, alors apprenti pâtissier dans le quartier latin, au cœur des échauffourées. Loïc Pen, qui mène aujourd’hui des luttes dans le secteur de la santé, fera notamment la comparaison avec aujourd’hui concernant l’afflux non préparé d’étudiants à l’université. La jeune Solen s’interrogera sur la façon de gagner la bataille de l’opinion en 1968 et en 2018, bataille essentielle aujourd’hui dans le mouvement des cheminots, ainsi que de faire revivre l’« évidence » de se mettre en grève de 1968. Le chanteur du groupe Zic à Brac témoignera de la difficulté de la jeunesse actuelle à vivre tout simplement et appelle à l’unité d’action, à un font uni pour avancer ensemble et qu’enfin « on gagne ».

 

Question du dimanche matin : « Est-ce que l’œuvre et la pensée de Marx ont encore des choses à dire sur notre époque ? » Belle entrée en matière alors que le penseur allemand revient rôder parmi nous, d’abord avec la crise de 2008, puis avec le film « Le jeune Karl Marx » et maintenant avec le bicentenaire de sa naissance. Les libéraux pensent qu’il se trompait déjà à son époque et qu’il n’y a rien a en tirer non plus aujourd’hui ; d’aucuns avancent que sa pensée était intéressante pour son siècle, mais qu’aujourd’hui, avec la globalisation et la mondialisation, elle est dépassée ; d’autres séparent Marx en deux parties, l’analyste du capitalisme toujours actuel et utile et le penseur du communisme dont l’histoire, avec les expériences socialistes, a montré qu’il s’est trompé. Pour Bernard Vasseur, Marx est d’un seul tenant, lui qui interprète le monde pour le transformer. Ce qu’il a dit à l’époque sur le capitalisme est encore plus vrai aujourd’hui : « la grande industrie a créé le marché mondial » ; plus de la moitié des personnes actives aujourd’hui dans le monde sont des ouvriers ; « l’organisation des villes va dominer les campagnes » ; la bourgeoisie se façonne un monde à son image… Ce qu’il faut demander à Marx, c’est cette pensée « dialectique » à laquelle se nourrir, sensible aux processus, à ce qui fait la vie d’une société, d’un système et des contradictions qu’il peut rencontrer - et non pas un programme ou des recettes. Le projet d’émancipation humaine, d’après-capitalisme, s’appelle depuis deux siècles « le communisme » et Bernard Vasseur demandera que l’on mette au cœur du Congrès la réflexion sur « ce pourquoi nous sommes », nous, les communistes.

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Le dimanche après-midi, Patrick Le Hyaric fera le constat des dangers actuels pour la paix dans le monde, avec des opérations militaires s’effectuant en dehors de toute légalité internationale, Trump à la tête de la première force mondiale, remettant en cause l’accord nucléaire avec l’Iran, déjà fragile – et un président français qui concède qu’on pourrait en renégocier un autre ! Pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, les priorités du budget pluriannuel sont des aides à l’armée protégeant les frontières (Frontex) et à l’armée européenne. En France, seulement un an après l’élection de Macron, se met en place un mouvement multiforme de résistance alors que les politiques d’austérité sont amplifiées, que les corps intermédiaires sont attaqués (syndicats, municipalités, départements, régions, associations), mouvement subissant un mépris de classe du pouvoir. Notre responsabilité est de faire des propositions neuves permettant aux gens de se fédérer autour de la possibilité d’alternative, dans l’unité la plus large et le respect de chaque sencibilité.

 
« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)