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Lucienne Fabre-Sébart, la reconnaissance qu'elle ne cherchait pas - Notre pays, juillet-août 2017

Lucienne Fabre-Sébart, la reconnaissance qu'elle ne cherchait pas - Notre pays, juillet-août 2017
 
 

La reconnaissance qu'elle ne cherchait pas

Samedi 27 mai dernier à Angicourt, le maire, Michel Delagrange et le préfet de l'Oise, Didier Martin ont décoré de la Légion d'honneur la résistante Lucienne Fabre-Sébart, âgée de 96 ans. En disant non à la soumission et au nazisme, elle a scellé son destin et pris un tournant irréversible au péril de sa vie en entrant dans la Résistance française de 1940 jusqu'à la  n de la guerre.

Une jeune femme de 19 ans choisit de rentrer dans la Résistance française, durant 5 années de guerre. Soixante- douze ans plus tard, elle reçoit, en n, la Légion d'honneur. Si Lucienne Fabre-Sébart n'a jamais cherché la reconnais- sance et les médailles, elle a accepté celle-ci pour « ses amis de lutte » avec qui elle a tout partagé « dans cette sale guerre. » « Je leur dédie cette médaille. » dit-elle.

Son engagement s'est fait naturellement, elle n'y voyait rien d'héroïque. « Il fallait bien faire quelque chose ! » Alors quand elle commence à parler de son passé de résistante, notre attention lui est toute acquise. Elle a commencé par organiser des manifestations de femmes à Creil ou à Montataire, à fabriquer et distribuer des tracts et des journaux clandestins. « Je transportais des grenades, des revolvers, de la dynamite... » raconte- t-elle le plus simplement du monde. « Je savais les utiliser. Je passais les barrages au culot ; pour cacher de la poudre, j'ai fait croire que j'étais enceinte. » « Il fallait faire attention, se méfier de tout le monde, car les Allemands aussi bien que des Français pouvaient nous dénoncer. »

En devenant agent de liaison, Lucienne a parcouru des milliers de kilomètres à pied ou à vélo pour porter des messages à la Résistance. Rien d'écrit : « tout était dans la tête ». Elle avait un lieu et une heure de rendez-vous précis. « Si la personne n'était pas présente dans les 2 minutes, il ne fallait pas l'attendre et partir. On revenait 2 heures plus tard, pour le repêchage. Après c'était terminé. Trop dangereux.»

Elle assurait ainsi la communication entre les cellules de résistants dans l'Oise mais aussi dans la Somme, dans le Calvados ou à Paris... en changeant d'identité à chaque mission.

La clandestinité était la seule façon de se protéger soi-même et les siens. Elle ne pourra pas rentrer chez elle, voir ses parents, durant des mois, de peur de les compromettre. « Nous étions très attachés à la vie, et, cependant, par moment on jonglait littéralement avec elle, sachant que la mort nous guettait à chaque pas. »

Depuis la fin de la guerre, Lucienne Fabre-Sébart participe activement au devoir de mémoire en parcourant la France à la rencontre de jeunes, dans les collèges et les lycées pour raconter son histoire, celle de la Résistance française. Elle fait partie de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR), dont elle est désormais présidente d'honneur. Sa fille Hélène, vice-présidente de l'ANACR, était présente lors de la cérémonie de remise de la Légion d'honneur. « Cette reconnaissance est un honneur pour elle, elle le mérite. Cette remise est avant tout un acte politique pour ma mère. » nous déclare-t-elle, aussi émue que la nombreuse assemblée venue honorée Lucienne Fabre-Sébart ce samedi 27 mai, journée nationale de la Résistance.

 

Les femmes résistantes

Les femmes ont participé massivement à ce mouvement d'ampleur nationale. Elles furent nombreuses à s'indigner de la collaboration, des pénuries. Deux millions d'hommes absents, mobilisés ou prison- niers ont contraint les femmes à prendre de nouvelles responsabilités. Elles prennent en charge la presse clandestine, sa rédaction, son impression et, le plus dangereux, sa diffusion. Des groupes de femmes manisfestaient devant les mairies et les préfectures. Beaucoup étaient agents de liaison, acheminant des messages, transportant du matériel ou ravitaillant le maquis. D'autres encore convoyaient des aviateurs récupérés avant la police allemande, les soignaient, les cachaient.

Les femmes, on se méfiait moins d'elles...

 

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« Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Saint-Just (révolutionnaire français, 1767-1794)